Analyse des résultats des élèves

Analyse des résultats des élèves et plus particulièrement de trois élèves aux résultats différents

 

En guise d’introduction, j’aimerais vous faire part de mon sentiment lorsque j’ai appris que je devais effectuer une évaluation critèriée à mes élèves. Je trouve pertinent d’évaluer des élèves  par critères, j’ai cependant plus de difficultés avec le principe de notification et de tarification notamment lorsque le critère n’est pas atteint. 

Concrètement, dans l’évaluation critèriée, un élève qui n’obtient pas les points nécessaires dans un critère est jugé incompétent et n’obtient donc pas de points. Dans le calcul de mes notes, j’ai donc choisi de pondérer ce système. Les élèves qui ne remplissent pas un critère n’ont pas zéro points pour autant, les réponses correctes qu’ils ont données sont comptabilisées, mais si un critère n’est pas réussi. La note n’est donc pas mise en fonction du nombre de critères réussis, mais en fonction du nombre de points obtenus. Je trouve ce système plus juste, car l’élève est jugé sur ce qu’il sait, et même s’il n’est pas compétent dans un critère, il peut démontrer une certaine compétence, même si celle-ci s’avère insuffisante.

 

En corrigeant les épreuves, je me suis cependant rendu compte que les deux systèmes pouvaient fonctionner car les élèves qui ont un résultat insuffisant avec mon système de pondération sont ceux qui ne sont pas compétents dans au moins deux critères. C’est-à-dire qu’ils n’auraient pas non plus la moyenne si j’avais évalué les élèves en fonction des critères réussis.(Pour avoir le moyenne ¾ des critères doivent êtres atteints).

 

Ce constat a un peu modifié mon avis par rapport aux évaluations critèriées. Je pense donc tenter, dans une prochaine évaluation, de faire la démarche jusqu’au bout.  

 

Pour cette évaluation, j’ai choisi d’évaluer quatre critères qui valent tous six points. L’élève est jugé compétent lorsqu’ il obtient au moins 4 points sur 6 pour chaque critère. Pour obtenir la moyenne, il doit être jugé compétent dans trois critères sur quatre. La pondération me permet de donner des points même lorsque l’élève n’a pas réussi un critère. La note est donnée en fonction du nombre de points obtenus et non en fonction du nombre de critères réussis.

 

En conclusion, j’ai donc proposé une évaluation critèriée aux élèves. J’ai fait la démarche complète avec des critères et des indicateurs, jusqu’au moment de noter les élèves où j’ai décidé de pondérer le système sous forme de points.

 

Résultats des élèves :   

 

Les vingt-quatre élèves de la classe ont effectué ce travail significatif le 29 avril 2009. Les plus rapides ont rendu l’épreuve après 30 minutes, les plus lents à la fin du cours. Les notes s’échelonnent entre 3 et 5.5. Cinq élèves n’ont pas obtenu la moyenne.

 

Pour le critère no 1 : « Analyse d’un document iconographique » (exercice 1) , 19 élèves ont réussi ce critère. 5 élèves ont échoué.

 

Pour le critère no 2 : « Comparer et synthétiser des informations données » (exercice 2), 15 élèves ont réussi ce critère. 9 élèves ont échoué.

 

Pour le critère no 3 : « L’histoire en situation (l’élève détective de l’histoire), formuler un point de vue » (exercice 3). 20 élèves ont réussi ce critère. 4 élèves ont échoué

 

Pour le critère no 4 : « Restitution de connaissances » (exercice 4). 21 élèves ont réussi ce critère. 3 ont échoué.

 

Quelques constats :

 

Comme je l’ai déjà mentionné plus haut, les cinq élèves qui n’ont pas la moyenne sont ceux qui sont incompétents dans au moins deux critères. Un des élèves est même incompétent dans trois critères. Il est cependant intéressant de constater que mon système de pondération a permis à une élève d’avoir la moyenne alors qu’elle est incompétente dans deux critères. Cependant, les deux critères dans lesquels elle a échoué, le sont de très peu, ce qui lui a permis de compenser avec les deux autres critères qui ont bien fonctionnés. Cette élève a donc la moyenne malgré deux critères non-réussis. C’est la seule différence que j’ai constatée entre le système critèrié strict et mon système avec pondération au niveau des élèves qui se situent à la limite de la moyenne.

 

Il est intéressant de noter que tous les élèves qui n’ont pas eu la moyenne ont tous échoué dans le second critère : « Comparer et synthétiser des informations diverses ». C’est d’ailleurs  celui-ci qui globalement a posé le plus de problèmes aux élèves.

 

10 élèves ont réussi tous les critères, ils sont donc compétents partout. Si j’avais suivi la démarche de noter les élèves en fonction du nombre de critères réussis ceux-ci auraient tous une excellente note. Ce constat me permet de confirmer que mon système de pondération est pertinent. En effet, un critère est considéré comme réussi si l’élève obtient les 2/3 des points. Il peut donc se permettre de faire 2/3 des points dans tous les critères et avoir une excellente note (6), bien qu’il n’arrive en additionnant tous les points seulement à 16 sur 24. J’aurais de la peine à justifier à un élève qui a obtenu 23 ou 24 points qu’il a la même note qu’un élève qui a obtenu 16 points.

 

Par la suite, je me suis posé la question de savoir pourquoi c’était le critère « Restitution des connaissances » qui avait le mieux fonctionné. Je pensais que celui-ci allait poser plus de difficultés. En fait, ce sentiment est apparu à cause de la mauvaise connaissance que j’avais des élèves de VSB. Ceux-ci sont très assidus au niveau de l’apprentissage par cœur, c’est-à-dire que j’ai pu constater à plusieurs reprises que les élèves récrivaient la réponse qui était dans le livre au mot près. J’interprète ce constat de la façon suivante : il n’est pas certain qu’ils aient compris ce qu’ils écrivaient, mais en tout cas, ils ont appris le contenu des fiches, du livre. J’ai pu constater la même chose dans un test de citoyenneté que j’ai donné quelques semaines auparavant. Les questions en lien avec la restitution de connaissances fonctionnaient très bien et ne posaient que rarement des problèmes, alors que les questions demandant de la réflexion ou un prise de position posaient plus de problèmes. Je n’ai pas encore assez d’expérience pour savoir si ce mode de fonctionnement est propre à cette classe, à la VSB ou si c’est complètement aléatoire. Avant cela, j’ai eu l’occasion de faire des évaluations en histoire avec des VSG et des VSO, et les questions de restitution posaient plus de problèmes.

 

Analyse détaillée de trois élèves ayant des résultats différents.

 

L’analyse détaillée concerne l’élève no 1, l’élève no 15 et l’élève no 21.

 

L’élève no 1 a obtenu 22 points sur 24 avec comme résultat la note de 5.5. Elle est compétente dans tous les critères puisqu’elle a obtenu 6 points pour le premier, 

4 points pour le second, 6 pour le troisième et 6 pour le quatrième critère.

 

L’élève no 15 a obtenu 18 points sur 24 avec comme résultat la note 4. Elle est compétente dans trois critères sur quatre. Elle a obtenu 2.5 pour le premier critère, 4 points pour le second critère, 5.5 points pour le troisième critère et 6 points pour le quatrième critère. 

 

L’élève no 21 a obtenu 14.5 sur 24 avec comme résultat la note 3. Il est compétent dans deux critères sur quatre. Il a obtenu 3 points pour le premier , 3 points pour le second, 4 points pour le troisième et 4.5 points pour le quatrième critère. 

 

L’élève no 1 a connu des problèmes dans le critère « Comparer et synthétiser des informations données » puisque c’est dans l’exercice qui concerne ce critère qu’elle a effectué la seule erreur de son épreuve. La question à laquelle elle n’a pas su répondre est la suivante « Explique avec tes mots les raisons des différentes revendications entre les deux textes ». Cela démontre une certaine difficulté lorsque il s’agit d’aller plus loin dans la réflexion sur un texte. J’ai l’impression que la comparaison ne pose pas de problèmes à cette élève, c’est quand il s’agit de synthétiser que le bas blesse quelque peu. De manière générale, c’est cette question qui a posé les plus grands problèmes pour la réussite du second critère. 

En outre, j’ai pu me rendre compte que pour la majorité des élèves c’étaient les questions où les élèves devaient « expliquer avec leurs mots » qui fonctionnaient le moins bien. Comme je l’ai déjà mentionné, j’attribue ces problèmes à une difficulté de s’interroger sur des points qui ne sont pas forcement explicites dans un texte. Une partie de la responsabilité me revient aussi, puisque j’ai, durant mes heures d’histoire, proposé à mes élèves assez rarement de s’exprimer sur un sujet avec leurs mots. L’exercice demandé a probablement été travaillé trop peu au sein de la classe.

 

L’élève no 15 a obtenu des très bons résultats dans les questions liées à la restitution de connaissances, cela prouve un grand travail à la maison car l’élève, durant les cours, n’était que très peu attentive à la matière. Elle a également très bien réussi les questions en lien avec les textes, ce qui démontre une bonne compréhension de ceux-ci. Comme pour l’élève no 1, les problèmes sont apparus lorsque il a fallu expliquer avec ses mots une certaine situation. Le travail sur l’iconographie a également posé quelques problèmes à l’élève. Un travail avait été fait sur une iconographie, mais ce n’était bien sûr pas la même qui a été utilisée lors du travail significatif.

En conclusion, l’élève a obtenu la moyenne grâce aux questions directes ou indirectes de restitution de connaissances. Je pense que si mon épreuve avait été uniquement basée sur des questions ouvertes à développer, elle n’aurait sans doute pas bien réussi son épreuve, par contre si l’épreuve avait uniquement porté sur de la restitution de connaissances, elle aurait sans doutes eu une excellente note. D’où l’importance des critères et de la variété des questions.

 

L’élève no 21 a réussi les critères 3 « L’histoire en situation (l’élève détective de l’histoire), formuler un point de vue » et 4 « Restitution de connaissances ». L’élève a obtenu 4 points pour le critère 3, mais cet élève en question m’a dit qu’il avait réussi ce critère car il ne s’agissait pour lui pas d’un exercice d’histoire, mais d’un exercice de français. Je vais revenir sur ce point lors de l’analyse critique de mon évaluation. Comme pour les deux autres exemples, la question sur « La raison des différentes revendications entre les deux textes » a posé des problèmes à cet élève. Au lieu de tenter d’expliquer ces différences, il se contente de les mentionner. Dans ce cas, soit il a mal lu la consigne ou alors il a mit quelque chose au hasard en espérant récolter quelques points. Dans ce sens, il est intéressant de remarquer la présence de quelques réponses fantaisistes notamment lorsque l’élève devait dater la scène explicitée dans l’iconographie (exercice 1). La réponse obtenue « 11 septembre 2001 » est pour le moins étonnante. J’interprète cette réponse comme une alternative à laisser la case blanche, car il le sait lui-même cet événement n’a pas eu lieu le 11 septembre 2001. Cet élève a toujours occupé la place d’amuseur de la classe, peut être voulait-il par ce geste affirmer qui il était.


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